et pourquoi pas un cinquième ?

Cette question on me l’a posée vingt fois. et même vingt fois par an. depuis des années (huit exactement).
soit les gens sont joueurs (mouahh ahaha quatre c’est RIEN !) soit les gens n’arrivent pas  penser en dehors du sacro-saint chemin couple>mariage>enfant.
et puis…je fais (encore un peu) jeune, du coup les gens se permettent. Ah bon ? vous voulez pas d’enfants ensemble ??? (c’est un peu comme si tu refusais de donner à manger à un orphelin affamé sur le bord de la route…vilaine !) c’est pas qu’on VEUT PAS… c’est qu’on A DÉJÀ des enfants ensemble (même si « techniquement » on les a pas FAIT ensemble) et pas qu’un peu. QUATRE.
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donc bon. ben on est bien occupés. hein.
mais c’est dur. dur de résister aux injonctions de la société et de ton propre cerveau indécis ou pas cohérent (si t’as pas des enfants ensemble est-ce que t’es un vrai couple?) (oui mais si on se sépare qu’est-ce qu’on laisse de nous?) (sur terre ?) oui mais est-ce qu’on s’aime vraiment si on veut pas d’enfants ?) (est-ce qu’on est pas juste purement égoïstes à ne pas vouloir sacrifier notre vie pour un cinquième ?)
je reviens, je vais prendre un doliprane…
au fond je sais que non. il sait que non. en pratique parfois on a de brefs moments d’attendrissement devant un bout’chou trooooooop miiiiignooooon.
Alors je dis pas… c’est compliqué de pas sniffer les bébés des autres et s’imaginer. Ça a été compliqué de prendre une décision quand la vie s’est chargée de nous projeter dans l’infiiiime portion de statistiques d’inefficacité des moyens contraceptifs (exercice de 6e : les fractions 99/100 est-il plus grand ou plus petit que 100/100) . Compliqué de gérer baby blues et questionnement l’année suivante. Mais au final c’est bien mieux. C’est serein et réfléchi (non, je ne rentrerai pas dans la polémique de « mais pourquoi si la vie vous a… » NAN !) et on savoure.
Parce ce que bon. si on revient brèvement à la réalité. dichotomique puissance mille. 40% du temps on est six…40% du temps on est quatre… 20% du temps on est deux. juste NOUS DEUX. personne d’autre. ces 20% permettent une bouffée d’air frais pour que les 80% du temps restant se passent bien. pour qu’on soit en forme pour les 4 ados.
et quatre enfants c’est
4x les devoirs.
4x les histoires de collège et d’école (et alors j’lui ai dit… et puis elle m’a dit… après j’lui ai dit…).
4x la grippe.
4x « mes baskets sont trop petites » (keuwaa ? celles d’il y a trois mois ???).
4x « oui, mais nan tu vois quoi ».
4x plus d’animation aussi !
Alors un cinquième pour mettre le bazar dans tout ça ? euhhhh non ! non merci !
je file. on part en weekend. sans enfant. sans baby-sitter. sans horaire. OUAIS !
et peut-être même qu’on revient pas ! (oh ça va j’déconne !)
allez. des bisous !
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Comment… la bouffe ?

famille nombreuse. post number one.

commençons par le crucial : la bouffe. je suis une pragmatique et terrienne. je suis pas née pour me faire chier sur terre et la première difficulté que je vois poindre je la contourne bien large ! (il n’en est pas du tout de même côté pro où je suis capable de plonger dans un puits sans fond et sans lampe torche… mais cétuneautrehistoire hinhinhin) (mais si ça intéresse tu peux en lire un peu ici).

La bouffe ça a longtemps été ma bête noire. J’ai été élevée aux bons petits plats bio (même si avant on disait pas bio. mais en tout cas du frais, du local et de saison) de Mamina cuisinant de tout et divinement bien… j’avais inconsciemment une barre bien plus haute que le sommet de mon crâne que je tentais d’atteindre avec des poêlées picard, des recettes moyennement suivies et souvent ratées… et mis à part les lasagnes fraîches, les pâtes aux palourdes et le tiramisu… j’étais une cuisinière plus que lambda. Trouver une idée de dîner me torturait l’esprit. Penser aux ingrédients pour cette idée, c’était pire. Arrivait 19h à la sortie du bureau et je frisais la panique. Et quand on a été six c’est devenu pire. Parce que six c’est six appétits différents, six goûts pas pareils (dont trois sur lesquels tu ne peux pas gueuler #jemenfoustufinistonassiette)… avec le sacro-saint « ils doivent BIEN manger » bref. le casse-tête.

Je suis aussi passée par les « menus de la semaines » glanés sur internet et couplés à une commande monstrueuses de courses en ligne (avec le clic frénétique qui te fais acheter huit paquet de 12 rouleaux de PQ… voilà voilà… mais en cas de gastro ça sera utile hein !) Bon, ben à part enrichir les géants de l’alimentaire… la logistique n’était pas au point. Et puis j’avais pas de succès : « ah nannnn pas encore des haricots ! » ou bien « la viande est dégueu nan ? elle vient du boucher ? » (bah nan… parce que le boucher c’est fermé à 19h30 vois-tu). J’ai essayé aussi les paniers de légumes. Où tu te retrouves avec huit navets et trois kilos de choufleur et tu sais pas trop comment tu vas annoncer ce soir « soupe navet-choufleur les enfants !!! » (d’ailleurs tu sais pas comment l’annoncer au mari non plus !)

Et puis un jour béni est tombé sur mon fil IG une pub pour QuiToque… qui proposait des paniers repas. Un concept assez bien ficelé parce qu’il promettait des repas équilibrés, bio (ou au moins issu de l’agriculture raisonnée), de saison et… SANS RESTES !!!

Parce que bon. Quand tu passes de deux à quatre puis six puis deux en 15 jours et rebelote… ben ton frigo, faut une appli connectée à la NASA pour le gérer ! j’étais devenue la championne du reste qui pourrit dans le frigo. MONDIALEMENT connue même ! Tu penses bien qu’un site qui me vendait du rêve du frigo auto-géré c’était pour moi.

On s’est inscrits en décembre 2016, à la cool, pendant les vacances… histoire de prendre le pli de la cuisine (ils précisent bien : il FAUT cuisiner… et donc éplucher, couper, émincer, mijoter…) mais en deux semaines j’étais conquise. J’ai depuis basculé sur Foodette plus maniable et plus varié. ça fait plus d’un an et ça a changé ma vie ! (je te laisse cliquer, c’est très bien expliqué. et si tu veux une réduc , demande moi, je te parraine !) (je précise que ce post n’est pas sponsorisé, mais si Foodette passe par là ils peuvent toujours me proposer un mois gratuit ;-)…ha ha !)

Donc maintenant : je ne réfléchis pas aux repas de la semaine. Je clique juste sur les recettes que je veux ou pas parmi 5, le panier tribu nous convient pour six. je n’ai pas de reste. j’ai pile le nombre de dîners prévus. pas d’hésitation, pas de gaspillage, pas de prise de tête « ça fait pas cinq fois qu’on mange des pâtes cette semaine ?!? » MAGIQUE !

pour la logistique : les enfants sont à la maison avant nous et récupèrent et rangent la livraison dans le frigo. On (je ne suis pas seule à cuisiner !) se prend pas la tête : on chope un sachet et on fait ce qu’on nous dit de faire (comme c’est marqué sur la fiche recette de chaque sachet… ni plus ni moins)…. et je dois avouer que j’ADORE éplucher en fait (ha ha) ça me vide la tête. C’est ma demie-heure de décompression entre le boulot et le dîner.

Alors oui, on dîne tard (on rentre du boulot vers 19h30/20h) oui les enfants se couchent à 21h voire 21h15… mais que veux-tu… on peut pas tout avoir !) (de la bonne bouffe et pas de cernes…)

le bilan c’est que je ne fais plus de courses de bouffe et que je n’ai plus d’angoisse de bouffe (ni de mal les faire manger, ni de mal m’organiser). Que des courses qu’en ligne de non périssable (PQ, ménage, boissons, etc…) en grosse quantité et et juste une fois le plein le dimanche matin (ou l’amoureux en semaine) pour les petits dejs et goûters et les repas du weekend, qu’on prend exclusivement au marché (ça tombe bien, je me suis engueulé avec les caissières de franprix…)

mais oui… et les autres repas ? (oui, foodette c’est pour la semaine, ça ne va que jusqu’à 5 repas max) donc on a instauré les rituels (qui se sont instaurés tout seuls à vrai dire…)

le samedi midi c’est soit resto (on a nos petites habitudes dans le quartier et on est bien servis de ce côté là) soit poulet rôti (à la boucherie) ou poisson (du poissonnier) et légumes au four (Jamie t’explique super bien ici)

le samedi soir c’est souvent le soir où on ne prévoit RIEN. Soit on est moins nombreux car les enfants sont chez leurs amis, soit on a un dîner, soit on commande chez le dieu Deliveroo… j’avoue :)

le dimanche midi c’est le seul repas que je cuisine. Soit je choisis une recette foodette du trimestre qui a bien plu et je la fais TOUS les dimanches ! (exemple, cet hiver c’était la poule au pot) qu’on soit deux ou six. Je réfléchis pas, je sais la faire par cœur, je peux la faire à n’importe quelle heure du weekend et la conserver. sinon je fais une recette de pâtes et même quand je suis bien lunée : des pâtes fraîches.

et le dimanche soir c’est régression. Quiche lorraine maison et crudités ou œuf à la coque mouillettes et soupe. Ce qui fait plaisir aux enfants. On met une jolie table, des bougies, une nappe pas repassée (hé hé). Pour un peu ça se battrait presque pour la mettre, la table !

Et on essaie de dîner tôt. hin hin hin.  Parce que bon. On est pas des parents si mauvais que ça hein ! et puis invariablement, il est 21h07… donc on a raté le coche du coucher parfait. AGAIN.

 

allez, des bisous

je file éplucher mes carottes.

 

le fond de la piscine (almost)

aujourd’hui je revis. enfin je revis… en tout cas je peux dire que je suis moins proche du fond et plus proche de la surface (parfois même je respire l’air du dessus dis donc !)

j’ai frôlé le burn-out (c’est comme ça qu’on dit de nos jours). j’ai juste oublié d’écouter mon corps et ma tête…il m’a fallu huit mois pour percuter. trois de plus pour agir vraiment.

je travaillais dans une grosse boîte. enfin j’me comprends, hein… pas pour une marque de yaourt qui embauche des dizaines de milliers de salariés… mais dans mon domaine, une grosse boite, c’est au delà de 150… et là… ben on était 900 #ceuxquisaventsavent.

une boîte comme ça, ça a ses avantages (les tickets resto, ouais, le CE, ouais, le salaire aussi, ouais, mais en fait non) et ses inconvénients (les gens embauchés à des postes de bull-shit jobs, la lenteur des process, la lenteur de tout, le chef, le sur-chef, le vice-chef, le fakir, le chef à la place du fakir BREF). et au milieu de tout ça… des salariés hyper motivés qui sont persuadés qu’ils bougeront la montagne, les moutons dessus et le lac derrière à la force de leur implication, dévouement, perdition. (je te rassure on était pas 900 hyper motivés hein… ça se saurait et ça se serait vu !)

Parmi ces crédules et naïfs de la profession : bibi. Dans le genre têtue et travaillomane, j’en cumule pas mal. Challenge ? ouais moi ! Mur à 50m ? ouais moi ! Directeur/trice qui te met des bâtons dans les roues ? ouais moi !

ça a commencé sournoisement…

note à moi-même : ne JAMAIS faire confiance à qqn qui te dit « mais évidemment, ne t’inquiète pas, je m’y engage »

sournoisement donc : tu bosses un peu plus, une heure, deux heures, un peu plus tot le matin, un peu plus tard le soir… tu reprends un peu quand les enfants sont couchés… puis beaucoup… énormément… jusqu’à dormir moins de 5 heures les nuits.

évidemment tu es hyper connectée, pas plus de 30 min sans réponse à un mail, tu es joignable H24 ou presque, par mail, par sms, par whatsapp, par wechat… TOUT ! tes doigts tapent plus vite que Buzz l’Eclair… de toute façon, tu dors plus, donc autant t’occuper !

au bout de un an à ce rythme tu te rends compte que… RIEN DU TOUT… tu continues ! et personne, non PERSONNE, dans la boîte ne te dit « euh, holà moine gourmand… mollo ! » le Risque Psycho Social ? quoi ? késsécé ?

sachant que tout ce temps… ta famille n’a pas disparu (et dieu merci), le mari te fait des signes (que tu ne vois pas), les enfants font des caprices (que tu occultes)… tu vas chez l’ostéo pour décoincer tes cervicales deux fois par mois… tu enchaînes migraine sur migraine…tu es juste en train de passer à côté de tout…

Oui, mais c’est pour la bonne cause !!! TU participes à la réussite de la boîte ! (la bonne blague) tu travailles BIEN, tu veux faire BOUGER LES CHOSES (trop de LOL dans cet article, mon dieu !) … et puis surtout, tu veux protéger ton équipe, tu veux les épargner de ce tintouin.

heureusement un jour ça tombe. le corps lâche. la tête suit. pour une bricole, tu dois être hospitalisée. ahhh ben bravo ! et c’est bien fait ce truc… tu peux pas tenir debout… ni répondre à tes mails… tu es HS. Pire… de 5 jours au départ, tu dois finalement rester à la maison 3 jours de plus.

la petite phrase du médecin qui, lui, a compris ton manège, « à ce rythme, c’est plus la peine de vous maquiller hein, vous n’avez l’air de rien » (mais comment il me parle lui ???) (comment ça j’ai l’air de rien ?) (chéri, j’ai l’air de rien ?) (non, tu ressembles à un zombie) (ah…)… comme si ça suffisait pas, la formatrice bienveillante qui me suivait en dehors du bureau m’a glissé un « attention, vous avez TYPIQUEMENT le profil de quelqu’un à faire un burn out »

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii. le déclic.

alors, là, JAMAIS ! moi, JAMAIS le burn out (je suis têtue je t’ai dit)

pour m’en sortir j’ai choisi de petit à petit tout balancer à ma direction. à chaque demande farfelue, je pestais. à chaque ordre-contre ordre, j’écrivais. à chaque magouille et couteau dans le dos, je disais tout et tout haut. je m’en foutais à présent (ils ont pas bien dû comprendre j’avoue…)… CHACUN SES RESPONSABILITÉS. et c’est ça qui m’a permis de me détacher un peu plus à chaque fois.

et puis quand la boite a commencer à prendre des tournures d’arène de cirque… quand certain(e)s ont cru qu’ils/elles étaient investi(e)s d’un pouvoir suprême, quand d’autres ont été placé(e)s à des postes en dépit de leur incompétence… j’ai commencé doucement à ouvrir les yeux. Des petits pas… mais chaque petit pas me rapprochait un peu plus de la sortie.

je suis quelqu’un qui ne sait pas bosser en dépit de ses convictions, je ne sais pas me fondre dans des valeurs et des principes qui ne sont pas les miens. la faille s’était creusée. inéluctable et infranchissable.

je suis aussi quelqu’un de franc, alors j’ai tout expliqué quand je suis partie, avec les vrais mots. oui, j’ai prononcé « cette boite est d’une violence inouïe pour ses salariés et je ne partage pas vos pratiques ».

je me suis mise au yoga (que j’avais repoussé depuis plusieurs années… nan… trop ohmmm pour moi… trop farfelu… chuis cartésienne moi madame ! genre… ^-^) un peu… beaucoup… je me suis mise à vérifier un peu plus ce qu’on mangeait… et puis j’ai commencé à éteindre mes mails pro (à supprimer les pastilles rouges sur les app… #ceuxquisaventsavent)… rentrer tôt (enfin, j’me comprends)… et ne pas travailler le weekend.

le chemin est encore long et la limite à ne pas franchir jamais vraiment très loin, mais le mari a dit récemment « on voit que ça va mieux dans ta tête »

allez, bisous et namasté !

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ah. et puis on s’est mariés aussi. « happilyeverafter » toussa toussa